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  • Corinne Streiff

Comment répondre aux trois soifs fondamentales malgré les mesures sanitaires ?

Dernière mise à jour : 2 août 2021


Eric Berne, psychiatre et fondateur de l'analyse transactionnelle, définit trois soifs fondamentales de l'être humain. Nous pourrions également les nommer besoins fondamentaux. Eric Berne a qualifié ces trois soifs de fondamentales car ce sont des besoins impératifs au bon fonctionnement psychique. L'être humain va donc utiliser une grande partie de son temps pour satisfaire ses trois soifs et maintenir un bon équilibre.



LES TROIS SOIFS


° La soif de stimulation

Dès sa naissance, l'enfant reçoit des stimulations : il est touché, bercé, nourri, cajolé, il entend les sons des voix et des bruits environnants, il sent les odeurs, il voit des ébauches de personnes et de formes, il perçoit le goût du lait.

En grandissant, ses perceptions vont s'améliorer et se développer.

Il va également être stimulé intellectuellement au travers de ses découvertes et de ses apprentissages.

Plus tard, il aura des projets, défis, des passions peut-être qui vont remplir sa soif de stimulation.

Le soif de stimulation est donc liée aux cinq sens et se nourrit des contacts avec les autres.



° La soif de reconnaissance

La soif de reconnaissance correspond au besoin d'être reconnu par les autres.

Pour satisfaire ce besoin, l'être humain va chercher les contacts, les signes d'affection, de reconnaissance, les encouragements et tout ce qui va lui permettre de sentir sa valeur et son unicité.

Les signes de reconnaissance peuvent être verbaux ou non verbaux, positifs ou négatifs.

S'il ne reçoit pas de signes positifs, il sera prêt à accepter des signes de reconnaissance négatifs. Ceci vaut mieux que l'indifférence qui est encore plus destructrice.

J'aime à penser qu'en développant son autonomie, il est possible de se donner des signes de reconnaissance positifs à soi-même ou alors de savoir les demander.



° La soif de structure

L'être humain, à l'image de la nature qui est structurée et suit un certain ordre, a un besoin de structure. Il a besoin d'établir un rythme, de se créer un horaire, d'avoir des habitudes et des rituels.

On parle également volontiers de mettre un cadre aux enfants. C'est justement pour répondre à ce besoin de structure qui nous faisons cela. La structure, le cadre, l'ordre ont quelque chose de protecteur et de rassurant. J'aime employer le mot "contenant" plutôt que le mot "cadre" car il induit une certaine souplesse. Il donne la place à de la liberté et aux initiatives.

Nos habitudes, nos rituels, nos horaires sont donc des manières de répondre à cette soif.


A propos de la soif de structure, Eric Berne parle des manières de structurer son temps. Il en propose six:

- Le retrait: la personne est en contact avec elle-même et ne communique pas avec d'autres.

- Le rituel: les personnes entrent en contact par des questions ou formules routinières comme: " bonjour, ça va?" "ça va et vous?.."

- Le passe-temps: les personnes sont dans des échanges qui passent le temps, comme la météo ou certaines banalités. Il n'y a pas vraiment d'implication mais l'échange se fait naturellement.

- L'activité: l'échange se vit dans du temps passé autour d'une activité, une tâche, une occupation, quelque chose à faire ensemble.

- Les jeux psychologiques: c'est une manière d'être en relation qui amène beaucoup de stimulation et de tension en même temps et qui prédit une fin explosive. Certains débats, jeux de pouvoir ou discussions pénibles peuvent ressembler à cela. Prendre le rôle du persécuteur, de la victime ou du sauveteur conduit généralement à des jeux psychologiques (triangle dramatique).

- L'intimité: elle se vit dans un échange durant lequel les personnes s'impliquent, s'ouvrent, montrent leurs forces et leurs faiblesse, osent être telles qu'elles sont et se sentent acceptées.


Structurer son temps va également répondre à la soif de stimulation et à la soif de reconnaissance. Par exemple, dans une activité, mon corps ou mon esprit vont être stimulés et dans un moment d'intimité, ma soif de reconnaissance sera "abreuvée".


Nous comprenons donc que les trois soifs sont interconnectées et c'est dans un bon équilibre que nous allons nous sentir bien.



Alors...

En ces temps où notre quotidien a changé, où des restrictions sont venues nous limiter dans nos contacts sociaux, nos besoins de culture, de sport en équipe, de plaisirs simples, de partage à plusieurs, d'expression chantée, de fêtes entre amis et j'en passe, il peut être important ou au moins intéressant de se poser quelques questions.


L'être humain a une formidable capacité d'adaptation, nous l'expérimentons malgré nous. Et pourtant, il a aussi des soifs fondamentales qui ne sont peut-être plus assouvies. En prendre conscience, y réfléchir, en parler permet de trouver des stratégies pour retrouver ou garder un bon équilibre...


Questions pour aller plus loin...

- Laquelle des trois soifs est la plus carencée ?

- Qu'est-ce qui me manque concrètement ?

- Qu'est-ce que je me vois avoir mis en place pour y remédier ?

- Quelles idées nouvelles puis-je trouver pour répondre à mes besoins ?

- Est-ce que le manque, l'absence, la solitude, cette période etc. pourraient venir tirer des élastiques du passé ?

..


Exprimez-vous, posez vos questions, partagez un témoignage. Ce sera une joie de vous lire!


+ Interview très intéressante de Boris Cyrulnik qui complète bien la réflexion

https://www.dailymotion.com/video/x7ysms7


Bonne réflexion et à bientôt pour un nouvelle actualité ! - )

Corinne

Référence:

- Inspiré de Y. Stewart et V. Joines "Manuel d'analyse transactionnel"



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