Le triangle dramatique et les jeux psychologiques
Dernière mise à jour : 11 août

Le Triangle Dramatique a été conçu par Stephen Karpman médecin psychiatre et analyste transactionnel américain. Le mot dramatique fait référence au drame théâtral. Stephen Karpman a créé ce concept à partir de l'observation des ressorts du drame au théâtre. Il s'est aperçu que, systématiquement, pour qu'un "drame" se déroule, il faut trois rôles : Persécuteur, Sauveteur et Victime.
Le triangle dramatique décrit donc la manière dont les gens se comportent lorsqu'ils entrent dans un jeu psychologique, en utilisant l'un ou plusieurs des trois rôles cités ci-dessus. La notion de jeu psychologique a été conçue par Eric Berne, fondateur de l'analyse transactionnelle.
A chaque fois que nous prenons l'un des trois rôles du triangle, nous jouons. Il ne s’agit non pas de jeux ludiques mais de jeux psychologiques. En anglais, derrière le mot jeu (game), il est également question de manipulation, de stratagème.
Il y a beaucoup de moments où nous jouons sans conséquences négatives. C’est une manière de structurer le temps et les relations tant privées, familiales que professionnelles.
C’est aussi une manière de fonctionner expérimentée par tous donc quelque peu rassurante.
Nous jouons donc pour structurer le temps mais également pour obtenir des signes de reconnaissance (pas toujours positifs) et confirmer nos croyances sur nous, le monde et les autres. C'est un échange entre deux ou plusieurs personnes dont le but réel pour chacun n'est pas la poursuite de la discussion au niveau de ce qui est dit mais de ce qui est induit et qui ne s'entend pas..
L’être humain a un grand besoin d’équilibre, d’homéostasie. Les jeux permettent de conserver cet équilibre connu.
Les explications se situent dans la vision intrapsychique de la personnalité que propose l’Analyse Transactionnelle. Ces bénéfices peuvent être nombreux : revivre un stlyle de relation expérimenté dans l'enfance, obtenir un type de signes de reconnaissance que nous n'aurions pas eu autrement (positifs ou négatifs), valider nos croyances sur nous-mêmes ou sur les autres, mettre de l'intensité dans les relations, tenter de garder le contrôle etc.
Décrivons brièvement chaque rôle
Le Persécuteur
Il critique, humilie, rabaisse, met en évidence les lacunes de l’autre, contrôle, manipule, fait du chantage, menace, agresse.
Il fait souffrir les autres et résout les problèmes par la «force» dans le but de satisfaire ses propres besoins.
La Victime
Elle se plaint, se rabaisse, se victimise, attire l’attention sur elle, appelle le sauvetage, cherche à se fait prendre en charge.
Elle agit comme si elle n’avait pas les ressources pour résoudre ses problèmes. Elle peut donc agacer et devenir une proie facile. Elle tente également de garder un contrôle par la victimisation.
Le Sauveteur
Il prend en charge, se préoccupe à l'excès pour l'autre, fait à sa place, l'infantilise, croit savoir ce dont l'autre a besoin sans le lui avoir demandé, fait plus que sa part. outrepasse les limites de l'autre.
Il démunit l’autre de ses capacités ce qui crée de la dépendance. De plus, il fait des choses dont il n’a pas forcément ni l’envie ni la capacité.
Ce rôle induit une prise de pouvoir ou de contrôle.
Voici quelques questions utiles à se poser pour discerner si nous sommes en train de jouer.
Le Persécuteur
Sommes-nous en "+ +" (je suis digne/valeureux, tu es digne/valeureux) ?
Suis-je en train d'exercer du contrôle? Si oui, que dit mon besoin de contrôle?
Quelles sont les frustrations, blessures cachées derrière mon agressivité?
Suis-je en train de régler le problème par la force ou la manipulation?
Le Sauveteur
En ai-je l’envie et les capacités ?
Me l’a-t-on demandé ?
Est-ce que chacun fait la moitié ou un bout du chemin ?
Quel bénéfice ai-je à garder ce rôle (contrôle, pouvoir, dépendance) ?
La Victime
Quelles sont mes ressources ?
Que puis-je faire comme petit pas ?
Quelle est mon besoin, ma demande, mon potentiel d'action ?
En quoi ce rôle me permet de maintenir un contrôle sur l'autre en lui faisant croire qu'il est indispensable et que je ne peux rien sans lui ?
En termes de communication et pour avoir des pistes de communication très concrètes, le modèle de la communication non verbale (CNV) de Marshall Rosenberg est très puissant:
J'observe et je relève les faits
J'énonce mon ressenti
Je me connecte à mon besoin
Je fais une demande claire
Je vous rends attentif/ve que certains jeux psychologiques vont très loin et peuvent mettre la vie psychologique ou physique en danger. Il est très difficile d'en sortir tant la manipulation est importante.
Demandez un soutien pour trouver une issue !
Références
«Des jeux et des hommes», Berne E.
«Le triangle dramatique - De la manipulation à la compassion», Karpman S.
«Le grand livre de l’Analyse Transactionnelle», Brécard F. et Hawkes L.
«Les mots sont des fenêtre», Rosenberg M. B.



En thérapie systémique, la solution réside dans l'adoption d'une position méta, c'est-à-dire l'observation neutre de ses propres interactions. La communication non violente (CNV) de Marshall Rosenberg offre des outils pratiques pour formuler des demandes claires sans tomber dans le blâme. On peut faire un retour à la boutique. Assumer la responsabilité de ses émotions brise le cycle dramatique et favorise des relations authentiques et saines, tant au travail qu'en famille.