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  • Corinne Streiff

Développement de l'enfant - Regard d'Eric Erikson

Dernière mise à jour : 28 sept. 2023

Erik Erikson

Résumé du document « PSYCHOLOGIE DU DEVELOPPEMENT», Gymnase de Renens, p.282-282.

Texte tiré de « Chilhood and society », Erik Erikson W.W. Norton & Company.

Erik Erikson, psychanalyste et psychologue du développement germano-américain. Il est l’auteur d’une théorie du développement psychosocial reposant sur huit stades psychosociaux successifs. Il est élève d’Anna Freud.

NB : je n’ai traité que les cinq premières crises, les trois dernières concernent l’âge adulte.



Stades psychosociaux d’Erik Erikson

À chaque stade du développement psychosocial survient une crise qui doit se résoudre par l'atteinte d'un équilibre entre des forces qui s'opposent, faute de quoi le développement du Moi risque d'être compromis. Deux crises se produisent au cours des trois premières années de vie de l'enfant. Erikson donne au mot crise le sens de tournant majeur, et non de catastrophe. À chaque crise il y a 2 pôles qui mènent à la création d'une identité positive. Un pôle bénéfique et l'autre néfaste. La résolution plus ou moins positive de ces crises amène donc à la création d'une identité plus ou moins positive selon la résolution des stades. Il ne faut cependant pas chercher à ne prendre que le positif. Dans le développement de l'identité, c'est l'équilibre entre les deux pôles qui est important. La résolution d'un stade selon Erikson, nous permet d'affronter plus facilement la résolution du stade suivant. L'équilibre possible entre les deux pôles est atteint grâce à l'acquisition d'une vertu, ce pour chacun des stades.



0 à 18 mois

Première crise : confiance versus méfiance fondamentale

Le premier stade coïncide avec le stade oral chez Freud. Le moyen de contact avec l'extérieur est donc la bouche. L'enfant doit pouvoir faire suffisamment confiance pour s'ouvrir au monde et recevoir ce qu'on lui donne par la bouche. Le comportement de la personne qui s'occupe du bébé est un point critique dans l'acquisition par l'enfant de cette confiance de base. L'attachement que la mère a avec le nouveau-né doit être inconditionnel pour que le bébé puisse explorer le monde avec confiance. Cependant, tout n'est pas blanc ou noir, car il faut un équilibre entre les deux pôles. L'ouverture au monde est certainement nécessaire, mais une certaine méfiance est plus que souhaitable pour la protection du bébé.

Résolution adéquate : sentiment fondamental de sécurité

Résolution inadéquate : insécurité, anxiété



18 mois à 3 ans

Deuxième crise : autonomie versus honte et doute

Le deuxième stade coïncide avec le stade anal chez Freud. L'enjeu de ce stade est de savoir si l'enfant va pouvoir devenir une personne autonome ou non. L'autonomie est au centre de ce stade, car c'est la période où l'enfant apprend la propreté. Il apprend aussi à maîtriser son sphincter. Il a donc le contrôle de quelque chose qu'il peut maîtriser indépendamment du désir parental. Il va pouvoir décider tout seul. Pour Erikson, cette première volonté d'être soi-même est un prérequis du sentiment de libre arbitre. Cette période est en adéquation avec le moment où l'enfant expérimente et joue avec son autonomie. Il se rend compte qu'il est susceptible de provoquer la désapprobation du contexte social (parents). Cependant si l'équilibre penche trop vers le doute ou la honte, l'enfant hérite d'un sentiment de ne pas être assez bon. L'équilibre est ici aussi souhaitable.

Résolution adéquate : perception de soi comme d’un agent capable de contrôler son propre corps et de provoquer les choses

Résolution inadéquate : sentiment d’incapacité à contrôler les événements




3 à 6 ans

Troisième crise : initiative versus culpabilité

Période de la rentrée à l'école obligatoire. Après avoir acquis la conviction d'être une personne autonome, l'enfant est amené à définir ses ambitions et les rôles qu'il souhaite assumer. L'enjeu de ce stade serait de pouvoir poursuivre des objectifs valables sans se laisser inhiber par la culpabilité ni par la crainte paralysante de la punition. Cette capacité à oser entreprendre et à avoir des initiatives constitue la base de la curiosité et de l'ambition. La culpabilité découle de l'inertie quant à la peur d'être puni. Un enfant qui a développé sa confiance dans son environnement puis en lui est à même d’entreprendre des activités à la fois motrices et intellectuelles. Les parents peuvent soit encourager le sentiment de liberté et de confiance soit générer un complexe de culpabilité et le sentiment d’être un intrus dans un monde d’adultes. L'équilibre se trouve dans la capacité à planifier ses actions avec la conscience que l'énergie mal canalisée peut avoir des conséquences fâcheuses.

Résolution adéquate : confiance en sa capacité d’initiateur, de créateur

Résolution inadéquate : manque d’estime de soi



6 à 12 ans (puberté)

Quatrième crise : compétence versus infériorité

L’enfant qui a surmonté avec succès les précédentes étapes est prêt à explorer et à tester les expériences qui l’amèneront à développer ses compétences. L’école et le sport sont les lieux où l’enfant va pouvoir développer ses aptitudes intellectuelles, motrices et sociales (interactions avec les autres). Les réussites dans ses efforts lui procurent le sentiment d’être capable. Les échecs vont le fragiliser.

Résolution adéquate : adéquation des compétences sociales et intellectuelles fondamentales

Résolution inadéquate : manque de confiance, sentiment d’échec



12 à 20 ans (adolescence)

Cinquième crise : identité versus confusion des rôles

Cette crise réside dans la recherche de la vraie identité dans un moment où l’adolescent doit jouer divers rôles en réponse à son environnement. Il cherche à acquérir un sens cohérent de son identité, surtout de son identité sexuelle et du rôle qu'il désire jouer dans la société. C'est une importante période de questionnements existentiels, concernant surtout les « Qui suis-je ? » et les « Que veux-je ?». Le défi psychosocial est alors l'acquisition d'une identité personnelle, sexuelle et professionnelle, ce afin que l'adolescent puisse établir son schème de valeurs. La vertu à acquérir ici est donc la fidélité car c'est lorsque l'adolescent reste fidèle à son ou ses modèles choisis qu'il ne tendra pas vers la confusion du rôle qu'il entreprend de jouer.

Le passage de cette crise lui permet de développer un sentiment cohérent de son être intérieur. S’il n’y parvient pas, il a un manque de stabilité et une conscience de soi peu solide.

Résolution inadéquate : sens satisfaisant de son identité en tant qu’individu

Résolution adéquate : sentiment d’être fragmenté, changeant ; sentiment de soi obscur




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